J’ai le cœur lourd de la lourdeur des siècles.

J’ai le cœur lourd de la lourdeur des siècles.

J’ai le cœur lourd de la lourdeur des siècles
des siècles des traces de sable et de sueur
des sueurs de fables de femmes en voile
en voile sur les mers les voiliers des marins
des marins d’autres terres de plaines
de plaines de montagnes des oueds
des oueds des talwegs des vallées
des vallées de prairies de montagnes
des montagnes haut comme des vagues.

J’ai le cœur lourd de la lourdeur des vagues
et des montagnes, des montagnes de bois
des vagues de bois des forêts en déforestation.

J’ai le cœur lourd de la lourdeur du bois
que l’on tranche au cou des bois
à coups de marteau, de couteau, de tracto
au cou des bois la sève comme le sang

J’ai le cœur lourd de la lourdeur du sang
sans lequel battements inexistants je serai
sans vie sans sons sans moi sans secrets je ne saurai
être

J’ai le cœur lourd de la lourdeur des secrets
de ceux dont on a oublié la fin et le début
de ceux murmurés à demi-mots de ceux qui
émus se sentant fléchir se croyant déchus
conquis rendus soumis se croyant perdus
dans leurs secrets tus confus et lourds comme les siècles.

J’ai le cœur lourd de la lourdeur des siècles
des siècles dont on a oublié l’existence
des siècles tenus responsables de l’échec des siècles.

J’ai le cœur lourd de la lourdeur des siècles
des siècles comme des montagnes de vagues et de sang
le sang du siècle des siècles de ceux de mon cœur
de mon sang, de ceux de mes siècles.

J’ai le cœur lourd de la lourdeur des siècles.

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